Le monde parle du cotentin

http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2016/06/27/vous-aimez-l-irlande-vous-adorerez-le-cotentin_4958911_4497916.html

 

« De petites routes, étroites, qui mènent nulle part et partout », disait Jacques Prévert. En pédalant vers Cherbourg, la Route des caps, petit trésor du grand ouest français, propose une infinie variété de paysages.

Anse de Vauville, Cotentin.

On ne plaindra jamais assez les coureurs du Tour, ces athlètes qui traversent chaque année la France le nez dans le guidon plutôt qu’au vent, ces coursiers qui n’aperçoivent que des villages départ et des hôtels – et puis Paris, pour les plus costauds et les plus chanceux. Ils ne verront pas, dimanche 3 juillet, en traversant le hameau d’Hatainville, dans la Manche, la petite route sur la gauche qui plonge vers la mer à travers un océan de dunes, un paysage quasi lunaire (si l’on veut bien imaginer la lune couverte de dunes herbeuses). Ils devineront à peine, sous les collines de sable, la plage, long ruban ocre qui s’étire d’un cap à l’autre du Cotentin. Mais ils entreront là, en pédalant vers Cherbourg, sur la Route des caps, petit trésor de ce grand ouest français.

Terre de grands vents et de grandes marées, la presqu’île du Cotentin est aussi est une terre de nature et traditions : le bocage a été maintenu en l’état – on aperçoit ces murets de pierres sèches du côté de la pointe de Goury (photo) ou de l’anse de Vauville – et le jardinage confine ici à l’art de vivre, comme à la Bizerie.
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Terre de grands vents et de grandes marées, la presqu’île du Cotentin est aussi est une terre de nature et traditions : le bocage a été maintenu en l’état – on aperçoit ces murets de pierres sèches du côté de la pointe de Goury (photo) ou de l’anse de Vauville – et le jardinage confine ici à l’art de vivre, comme à la Bizerie.

PHILIPPE CARON POUR « LE MONDE »

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A vélo ou en voiture, il faut suivre ces panneaux bleu et vert qui jalonnent les routes départementales 650 et 901, de même que les panneaux de signalisation qui indiquent « La Mer » ou « Les Dunes ». « De petites routes, étroites, qui mènent nulle part et partout », disait Jacques Prévert, qui passa par ici la fin de sa vie. A pied, il suffit de suivre le sentier des douaniers (GR 223, 80 kilomètres de randonnées entre Urville-Nacqueville et Surtainville). C’est une invitation à la découverte d’une infinie variété de paysages, des spots de surfeurs (Siouville), des anses granitiques (baie d’Ecalgrain), des falaises avec vue sur les îles anglo-normandes. Ou sur des champs en pente douce, petites prairies parsemées de murets en pierres sèches, comme sur la pointe de Goury, un paysage de bocage qui rappelle tellement d’autres côtes, en Irlande.

Paysages sauvages

L’ouest, le vrai. Des paysages sauvages, mais un nom des plus industriels et des plus difficiles à porter : la Hague, une presqu’île dans la presqu’île que les ingénieurs du Commissariat de l’énergie atomique ont choisie pour y implanter dans les années 1960 une usine de retraitement des déchets nucléaires (Beaumont-Hague), puis une centrale nucléaire (l’EPR de Flamanville). Elle n’y a pas gagné une belle réputation mais elle n’a pas tout perdu, la petite presqu’île. Les emplois et les revenus du nucléaire ont paradoxalement permis de préserver les paysages du cap de la Hague en l’état. Celui d’un bout du monde, un bord du monde, même.

Pointe de Goury, Cotentin.

Plein ouest, à Goury, un phare et la croix d’un monument aux morts se font face, dialogue de la lumière et de la foi. Il faut absolument faire une halte – cela tombe bien, il y a des parkings, chose peu fréquente en ces terres peu disposées au grand tourisme. Le dos tourné aux installations nucléaires, on aperçoit parfois là, paraît-il, une colonie de dauphins. Côté terre, les vaches made in Normandie ont l’air si paisibles qu’on a du mal à se figurer, par beau temps (cela arrive), qu’elles encaissent parfois les pires tempêtes (cela arrive aussi).

128 mètres au-dessus des flots.

Derrière le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de Jobourg, bel abri octogonal qui héberge l’embarcation des sauveteurs, un sentier se faufile le long de la plage, entre ajoncs, fougères et bruyères, en direction de la baie d’Ecalgrain et des falaises du Nez de Voidries, 128 mètres au-dessus des flots.

Attention, beautés et grand spectacle les jours de grandes marées et de tempêtes. Au large, le raz Blanchard est réputé l’un des plus puissants courants de marées du monde. Vers l’est, en direction de Cherbourg, la route longe la mer et ses reflets verts, le petit mouillage de Port-Racine et l’aplomb de Landemer qui inspira Jean-François Millet. Vers le sud, passés le petit port de Diélette et le cap du Rozel, retour à Hatainville, puis Barneville-Carteret, port d’embarquement quotidien vers Jersey, pour qui aurait encore le goût de l’offshore.

Où se loger :

  • Hôtel Le Landemer

Depuis sa réouverture en 2014, cet hôtel bâti en surplomb de la Manche est l’une des plus belles adresses près de la Hague. Lionel Lissot et Laurent Blaise, les deux nouveaux propriétaires, rêvent de lui redonner le lustre qu’il avait acquis après la seconde guerre mondiale, quand quelques célébrités parisiennes venaient y séjourner.
www.le-landemer.com

  • Sémaphore de Jardeheu

Ce sémaphore, désarmé en 1984, est situé sur la commune de Diguleville, tout près d’Auderville et de la pointe de Goury. Il accueille deux gîtes familiaux et deux gîtes d’étape et offre une exceptionnelle vue sur le large aux marcheurs du sentier du littoral (GR 223) en quête d’un peu de repos.
www.digulleville.fr

  • Camping Le Ranch

Des mobile homes plantés sur le haut de la dune et ouverts sur le grand large, Jersey et Guernesey par temps clair, de quoi donner envie de (re)découvrir les joies du camping.
www.camping-leranch.com

  • Renseignements à l’office de tourisme de La Hague

Lahague-tourisme.com